L’oeuvre
La sculpture Entre partition et manuscrit a été réalisée par Joëlle Morosoli en collaboration avec Rolf Morosoli dans le cadre du Programme d’intégration des arts à l’architecture du Québec (1%).
L’œuvre suspendue au-dessus de la croisée d’ogives rappelle des tuyaux d’orgue qui seraient regroupés telles des notes sur une partition cylindrique. Cet aspect formel fait référence à l’architecture religieuse de la bibliothèque et à la vocation musicale de la région de Lanaudière. Les longs rubans de bois qui réunissent à l’horizontale les tuyaux d’orgue se lisent comme les pages d’un livre ouvert. Leurs motifs ajourés retracent en signes graphiques quelques étapes marquantes de l’évolution du livre et de ses supports.
Pour décrire cette évolution, quatre écritures ont été retenues : l’écriture cunéiforme, premier alphabet de l’humanité; les hiéroglyphes transcrits sur un support léger, le papyrus; l’écriture carolingienne, modèle de l’écriture occidentale; le pixel pour son support révolutionnaire, l’ordinateur.
L’écriture cunéiforme
Une broderie triangulaire représente cette écriture qui est constituée d’éléments en forme de clous gravés sur des supports en argile.
Lourdes et peu maniables, ces tablettes d’argile étaient archivées dans la bibliothèque d’Assourbanipal à Uruk, érigée vers 2500 av. J.-C.
Les hiéroglyphes
Constitués de signes figuratifs, idéographiques et phonétiques, les hiéroglyphes sont dessinés sur des rouleaux de papyrus.
Ce nouveau support permet une plus grande diffusion de l’écrit que les tablettes d’argile utilisées pour l’écriture cunéiforme.
Le choix des idéogrammes et des phonèmes découpés dans les rubans de bois a pour but de créer un graphisme ludique.
L’écriture carolingienne
Cette écriture est évoquée par le motif des mille-fleurs, un enchevêtrement de fleurs et de feuilles qui orne les manuscrits du Moyen Âge.
Le parchemin comme nouveau support préfigure l’invention du livre. Contrairement aux rouleaux, le livre peut être rapidement consulté, facilitant l’analyse des différentes parties du texte. Cette nouvelle façon de lire développe une pensée analogique.
Les pixels
Dans la deuxième moitié du XXe siècle, pointe une nouvelle révolution dans la transmission des connaissances grâce à l’ordinateur. Ce dernier transforme notre approche au monde et conséquemment notre manière de penser en offrant un réseau d’information en arborescence qui met en relation des disciplines que l’approche thématique des humanistes n’aurait pas confrontées.
Pour symboliser cette étape, le plus petit élément de l’image transmis par l’ordinateur a été repris, soit le pixel. Une série de points perforés dans les rubans et agencés en escalier simule l’agrandissement d’une image d’ordinateur.
L’artiste
Joëlle Morosoli est sculpteure, auteure et enseignante. Elle a réalisé une trentaine d’expositions solo et plus d’une vingtaine d’œuvres publiques. Titulaire d’un doctorat en Esthétique, science et technologie des arts de l’Université Paris 8, elle conçoit des sculptures en mouvement depuis de nombreuses années.
Elle est d’ailleurs l’auteure de l’essai L’installation en mouvement : Une esthétique de la violence. Son œuvre littéraire compte les romans Le sablier de l’angoisse (2e prix Robert-Cliche en 1986) et Le ressac des ombres ainsi que le recueil de poèmes Traînée rouge dans un soleil de lait.
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